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Comme beaucoup de gens, j’ai un jour pris pitié d’un pauvre petit rouge-gorge grelottant de tout son corps un jour d’hiver où la température était descendue sous le zéro. Je lui mis un peu de pain et un morceau de gras sur le rebord de la fenêtre et une fois celle ci fermée, je l’observais derrière le rideau. Timidement en sautillant, il s’approcha, un véhicule lui fit peur en passant et il s’enfuit, se posa sur la haie de l’autre côté de la route. Je râlais intérieurement, tout était à refaire. Le froid l’emportant sur sa timidité, je le vis à nouveau s’approcher et se poser sur le rebord de la fenêtre. Un coup d’œil à droite, un coup d’œil à gauche, rien à l’horizon, il se mit à picorer les miettes et se régala du gras, tiens, il se fait un sandwich, m’imaginais-je. Et depuis chaque jour, qu’il fasse très froid ou non, je lui mets un peu de pitance à grignoter. Il m’était devenu familier et décida de lui donner un nom, Jojo, parce qu’il est joli, c’est un rouge-gorge, je décidais que ça lui convenait parfaitement. Mais Jojo avec ses petits piaillements de joie quand il m’apercevait lui préparant sa pitance à attirer l’attention d’une bande de moineaux, tout ordinaire, mais si beaux aussi, il n’y a pas de raison, quand il y en a pour un, il y en a pour dix, je renforcerais les rations et comme ça tout le monde pourra manger. Le matin au réveil, toute cette petite bande attendait impatiemment que j’ouvre le volet et leur mette à manger. Content, je les regardais derrière le carreau tout en surveillant si personne ne manquait à l’appel. Parfois Jojo ne venait pas, toute la journée je retournais à la fenêtre pour regarder s’il était la, tard dans la journée parfois il arrivait, j’avais beau lui demander ou il avait passé son temps, il piaillait pour m’expliquer, mais je ne comprenais pas. Et les jours passaient sans soucis, mes petits amis étaient aussi ravis que moi que chaque matin apportait la joie des retrouvailles.

Un dimanche, pas très en forme, je décidais de traîner un peu au lit et de ne pas me lever de bonne heure. Vers sept heures trente, environ, je me suis réveillé, attiré par un bruit étrange, quelqu’un frappait à la porte, mais doucement et très rapidement, qui cela peut-il bien être ? Je vais à l’entrée, j’ouvre tout endormi, personne, je me suis dis que mon imagination me jouait des tours, et je suis retourné m’allonger. Sitôt au lit, j’entends à nouveau ce drôle de bruit, la je ne rêve pas que je me dis, doucement, tout doucement, je me lève, tends l’oreille, on dirait que ça vient de la fenêtre, que je pense, j’y vais à pas de loup, et qu’es-ce que je vois à travers les lamelles du volet ? Toute la bande de mes amis, Jojo en tête, qui frappe avec leurs becs sur le volet. Je n’ai jamais su si mes amis se sont inquiétés de ne pas me voir au rendez-vous quotidien ou si leur ventre criait famine ? Moi je pense que Jojo était très inquiet, pour la première fois ce jour, j’ai pu le caresser.







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Isabelle de contes.biz