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La mari la femme et le villageois

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C'est l'histoire d'un homme qui avait épousé une femme très jolie mais de mœurs légères. A quiconque lui faisait des propositions, elle disait :
- « d'accord ».

S'il venait à vouloir la répudier, il n'arrivait pas à se séparer d'elle. S'il supportait son infortune, elle ne faisait que l'empirer. Il se décida à émigrer.
- « Cette ville, se dit-il, où on sait qu'elle est ma femme, il faut absolument que i'en parte. »

Il émigra donc dans une autre tribu et y demanda l'hospitalité. On lui fit bon accueil et on lui procura un logement. Or quand les gens virent que sa femme était si jolie, ils se dirent :
- « On va faire une petite collecte de céréales pour cet homme afin qu'il puisse entretenir son foyer et vivre à l'aise. »

Ainsi firent-ils : c'était à qui apporterait un quart de décalitre, tel autre un demi, un troisième enfin un décalitre.

Voilà donc que notre homme vit ces bons villageois affluer chaque jour chez lui et l'assaillir de prévenances :
- « Vous habituez-vous ? Si des fois vous aviez besoin de quoi que ce soit ! ! »

Il en fut perplexe :
- « Ma parole, se dit-il, toute cette générosité que me témoignent ces gens-là, savoir si ce n'est pas à ma femme qu'ils en ont ? ! »

Ayant réfléchi, il se dit :
- « Pour sûr, ce problème là, si je ne le résous pas, ils vont m'en faire voir plus que ceux à qui j'ai échappé ».

Il se rendit à la salle de prière et y attendit que fût récitée la prière de la nuit, que fussent partis tous les gens un tant soit peu notables et que reste seulement le tout-venant.
- « S'il vous plait, mes amis, s'adressa-t-il à l'assistance. le destin nous a réunis. Je voudrais vous faire part d'un petit problème. Eh bien voilà ! C'est lui qui nous a chassés de notre pays. Il ne faudrait pas que j'attende jusqu'à ce j'ai à avoir honte devant vous. »
- « D'accord, lui dit-on, Dieu nous préserve de quoi que ce soit de honteux entre nous. »
- « C'est précisément de cela, reprit-il, que je voulais vous informer. »
- « C'est entendu » lui dit-on.
- « Sachez ceci, poursuivit-il, ma femme, eh bien, elle a une manie peu avouable. »
- « A savoir ? », lui demanda-t-on.
- « Eh bien, confessa-t-il, les hommes, elle leur coupe les testicules, sauf votre respect. ». " Mais, mon bon monsieur, qu'avons-nous à voir avec votre femme, nous ? C'est à vous seul que nous avons à faire. »
- « A Dieu ne plaise, fit-il, sait-on jamais ! »
- « Non, non, Monsieur », protestèrent-ils. Quand notre homme les eut quittés, ils se dirent entre eux :
- « Dites donc, qu'est-ce qu'il est venu nous raconter, celui-là ? ! »
- « Demain, si Dieu veut, proposa l'un d'eux, c'est cette question-là que je vais tirer au clair avant tout le reste, afin de vous informer. Mais il nous faut user d'une ruse : (© publié par Tamurth.net)vous allez m'attacher une corde au pied. Vous vous tenez à distance et cachés. Si je vous crie "tirez", c'est que l*information est bonne vous tirez donc, afin qu'elle ne me les coupe pas. Si moi je ne vous dis pas : "tirez" vous restez tranquilles : c'est que l'autre n'a fait que nous mentir ».
- « Eh bien, comme ruse, elle est pas mal celle-là » s'exclamèrent-ils. Ils fabriquèrent donc une corde et l'apprêtèrent.

Le mari, lui, était retourné chez sa femme, ils avaient dîné et s'étaient couchés.
- « J'ai une nouvelle, ce soir. lui dit-il, comme tu n'en as jamais entendu de telle. »
- « Espérons, dit-elle, qu'elle n'est pas inquiétante. De quoi s'agit-il ? »
- « Chez les gens de ce pays, reprit-il, tout mâle a bien une verge mais pas de testicules ! »
- « Que Dieu nous en préserve, s'exclama-t-elle. Qu'est-ce que c'est donc que ce pays ! » Mais depuis qu'il lui avait dit ça, elle se demandait quel jour elle pourrait s'informer et vérifier si ce qu'avait rapporté son mari était exact ou un pur mensonge.

Or quand le jour se fut levé, voilà que l'autre lui fit signe, elle alla chez lui :
- « Peut-on te voir ou non ? »
- « On peut », dit-elle.
- « Bon, dit-il, je me tiens à l'intérieur du potager. Quand tu estimeras le moment favorable, tu viens »
- « Entendu. » dit-elle. Puis elle rentra chez elle préparer le petit déjeuner pour son mari. L'autre était retourné chez ses camarades, il les avait installés à l'intérieur d'un autre potager. Lui, attacha la corde à son pied et eux saisirent à trois l'autre extrémité.

Au bout d'un petit moment, la voilà qui arriva aussi. Le gaillard ne pensait qu'à ses testicules, avec la peur qu'elle ne les lui coupât. Or, sitôt qu'elle se fut étendue à terre, elle leva la main pour vérifier s'il en avait ou pas. A peine l'eut-elle touché de la main que l'autre bondit en criant :

- « Mais tirez donc, bon sang : mes pauvres testicules ! »
- « Mais, s'écria-t-elle, c'est seulement à leur sujet que je voulais te poser une question »
- « Et va donc, cria-t-il, tire-toi, c'est bien me les couper que tu voulais. »

La femme avait beau l'implorer avec force serments pour qu'il revînt : l'homme n'avait plus confiance en elle. Il partit donc.
- « Ce que nous a dit le mari de celle-là, dit-il aux autres, est absolument vrai. Faites tous gaffe ; des fois qu'elle ne les coupe à quelqu'un ! »

Nos villageois rentrèrent chez eux, et de ce jour-là, dès qu'ils la voyaient, ils s'enfuyaient.





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