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La grande ferme de Martin  Format imprimable  Format imprimable (pour imprimer le conte)

Martin, c’est moi ! Je suis tout petit. Mais j’habite dans une très grande ferme. J’ai des tas de poules, des vaches et de beaux cochons !
Comme tous les matins, Martin sort faire le tour de son très grand jardin :
- Combien d’œufs mes poules ont-elles pondu ? Est-ce que je vais acheter des lapins ? Ou plutôt investir dans le mouton ?
Les marguerites sont en fleurs. Elles sont si belles que tout le monde n’a de yeux que pour elles. Mais Martin ne les voit pas. Il est trop occupé à compter ses litres de lait :
- 124 ! Pas mal pour un dimanche…
Un matin, alors que le rayon de soleil n'a pas encore pointé le bout de son nez, Martin est réveillé par des coups frappés contre sa fenêtre. Il grommelle, ronchonne et bougonne. Puis il descend de son lit et monte sur l’escabeau pour ouvrir la fenêtre.
- Bonjour ! dit un gigantesque bonhomme. Je suis Léo, ton voisin et j'habite dans une toute petite maison. Je dois y vivre plié en deux. Je ne peux tout de même pas passer ma vie à quatre pattes !
- Qu'est-ce que tu veux que ça me fasse, patate ?
- Tu vis dans une grande trop grande maison. Je pensais que l'on pourrait échanger, propose Léo.
- Pourquoi j'échangerais ce que je possède contre quelque chose de beaucoup moins bien ? J’suis pas zinzin !
Martin referme la fenêtre et retourne dans son lit. Il grommelle, ronchonne et bougonne. Il est tellement en pétard qu'il fait tomber l'échelle. Son lit est tellement haut qu’il ne peut plus redescendre.
« Misère et pets de chameau! » hurle-t-il.
Tout en vociférant, il se met à éternuer sans cesse. En plus, il a attrapé froid ! Martin tousse, renifle et éternue mais il n'a déjà plus la force de grommeler, ronchonner et bougonner. Trois jours passent ainsi et deux longues nuits, sans que Martin puisse manger, ni boire, ni dormir. Il est bien fatigué, bien malade et tout rabougri. La troisième nuit, pour la première fois, Martin regarde le ciel. Il aperçoit des petits points de lumière qui scintillent au loin :
- Est-ce donc cela que l'on appelle les étoiles ? Elles sont plus petites que moi ! Mais qu’est-ce qu’elles brillent !
Il aurait aimé leur parler et leur dire : « Mesdemoiselles, comme vous êtes belles ! » Mais elles sont si éloignées qu'elles n'entendraient pas la petite toute petite voix…
Le lendemain matin, il entend le gazouillis des oiseaux. Jusqu'alors, il se bouchait les oreilles. Pour la première fois, il écoute leur chant.
- Quelle symphonie ! Ce « cui-cui » là est plus aigu que les autres. Et celui là ! Comme il est grave !
Martin aurait aimé pouvoir dire de quelle espèce d'oiseau chaque cri provenait. Mais il ne sait même pas faire la différence entre un perroquet et un moineau !
- En une nuit et une matinée, la beauté des étoiles m'a réchauffé le cœur et le chant des oiseaux m'a rempli de bonheur.
Tout à coup, Martin se sent triste en pensant à son grand voisin.
- J'aurais dû accepter son échange.
En pensant à toutes les trop grandes choses qu'il possède dans sa grande très grande maison, Martin réalise pour la première fois qu'elle est bien vide.

Léo ne voyant plus Martin faire le tour de sa maison décide de lui rendre visite. Il pousse la fenêtre, enjambe le mur puis il entre dans la chambre. En apercevant Léo, le petit tout petit bonhomme ouvre doucement les yeux. Il aurait voulu lui dire combien il désirait être son ami mais il était bien trop fatigué. Alors, le grand très grand bonhomme le nourrit, le soigne et le veille, jusqu'à ce qu'il reprenne des forces.

Quand il est complètement guéri, Martin dit à son nouvel ami :
- Je suis d'accord pour l'échange.
Et là, dans sa petite toute petite maison, plus besoin d’échelle ni d’escabeau. Dans son petit tout petit jardin, Martin s'occupe de ses marguerites. Chaque matin, il écoute le chant des oiseaux et chaque soir, il regarde les étoiles. Et surtout, Martin est heureux en pensant que Léo pourra vivre la tête haute.












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Isabelle de contes.biz