Valérie Bonenfant
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Quand voyager dans le monde permet d’ouvrir l’esprit…
Un Martien décide d’aller sur Vénus. Quelle n’est pas sa surprise de découvrir un univers où la santé de la planète est l’affaire de tous ! Ici, tout est pur et sain…
De retour sur Mars, toujours aussi polluée, Boris agit…
Boris était un habitant de la planète Mars. Il était tout rouge avec une grosse moustache jaune, et une bouche verte.
En guise de yeux, il possédait deux billes de verre transparentes à la jolie couleur bleue, et à la place des oreilles, deux grands tuyaux gris.
Il avait grandi sur sa planète, parmi les siens, et s’y sentait bien.
Quand il fut plus grand, il eut envie de s’embarquer dans la navette pour aller à la découverte de nouveaux mondes. Il était attiré par Vénus car vraiment, elle brillait beaucoup et il la trouvait très belle.
Un jour, il décida de faire ses bagages et d’entreprendre le grand voyage. Il sauta dans le premier train de l’espace, et se fit conduire jusqu’à Vénus.
-« Tout le monde descend ! On est arrivé : station Vénus ! » annonça le chef de gare.
Tous les passagers descendirent, ils étaient peu nombreux, à peine quatre ou cinq.
Son sac sur les épaules, Boris entreprit de visiter les lieux. C’était assez plat, des roches blanches, avec du sable autour. Il chercha une ville. Il suivit une route qui l’emmena effectivement vers des lieux fréquentés.
Quelle surprise ! Là, pas d’engins bruyants et polluants, pas de passants qui se bousculent, et pourtant, il y avait du monde… De drôles de personnages, tout de blanc vêtu, très longs, très fins… Comme des filaments habillés !
Ils avaient bien une tête en haut, mais toute petite, grosse comme une tête d’épingle.
Boris s’approcha de l’un d’eux. Il régla son langage sur le vénusien pour se faire comprendre.
-« Bonjour, pouvez-vous me renseigner ? Je cherche un hôtel pour dormir cette nuit. » demanda-t-il.
Mais, l’étrange créature, apparemment très farouche, prit la fuite sur ses grandes pattes fines.
-« J’ai dû lui faire peur ! » se dit Boris.
Il décida de s’adresser à quelqu’un d’autre. Tiens, en voilà un justement qui venait dans sa direction.
-« Pardon monsieur, savez-vous où je pourrais trouver un hôtel, je suis étranger… »
Aussitôt, le grand fil blanc s’agita et Boris crut qu’il allait aussi déguerpir. Il essaya alors de le rassurer :
-« Ne vous inquiétez pas, je ne vous veux pas de mal… »
Mais le vénusien apparemment ne comptait pas s’enfuir. Il était simplement en train de revêtir un casque et une grande combinaison qui le recouvrit complètement.
Enfin, une fois habillé, le vénusien s’adressa à lui :
-« Mais, jeune martien, comment se fait-il que vous vous promeniez chez nous, sans votre costume de protection… »
-« Quoi ? » s’étonna Boris.
-« Bien oui, votre enveloppe qui nous protège des microbes de la planète Mars. Chez nous, tout est pur et aseptisé. Depuis des millénaires, nous prenons soin de notre planète et veillons à ce qu’elle soit toujours à l’abri des pollutions. C’est ce qui lui permet de briller de cette belle couleur dorée. Chez vous, on sait bien que vous ne faites pas attention, que vos véhicules polluent et que des microbes sont générés. C’est pourquoi, tout nouvel arrivant sur Vénus doit se couvrir, pour protéger la planète et ses habitants, des éventuels virus… »
-« Ah, je comprends » dit Boris, « désolé, je ne savais pas… »
-« Suivez-moi, je vous conduis tout de suite au bureau de la désinfection, qui va s’occuper de vous… »
Quelques instants plus tard, ils arrivèrent dans un endroit encore plus blanc, avec des vénusiens toujours plus immaculés.
-« Tiens » s’étonna Boris, « ils ne courent pas se protéger en me voyant ? »
-« Ils n’en ont pas besoin » répondit son accompagnant, « ils ont subi un traitement qui les immunise en permanence… Vous n’êtes pas dangereux pour eux… »
Boris fut alors pris en charge : il fut déshabillé complètement, ses habits lavés, désinfectés, séchés immédiatement. Quant à lui, il fut rincé abondamment avec des rayons purifiants, qui le transpercèrent sans lui faire de mal.
Après toutes ces manipulations, Boris fut invité à remettre ses habits, et à revêtir la tunique de protection. Celle-ci le recouvrit complètement, comme une couverture posée sur sa tête et ses oreilles, sauf que celle-ci était légère et transparente : on pouvait voir à travers.
Ainsi accoutré, Boris parcourut les lieux. Il découvrit un endroit effectivement très sain et reposant, par le calme régnant.
La vie semblait s’y écouler paisiblement, sans heurts…
Quand il retourna sur Mars, Boris fut frappé du contraste : le bruit, la pollution et son air rouge, les cris, l’agitation…
-« Bon » se dit-il, « là, il faut faire quelque chose… »
Et ce fut ainsi que Boris le martien décida de s’occuper de sa planète. Il fit des grandes campagnes d’information auprès de ses congénères, les alerta sur les problèmes liés à la pollution, les incita à utiliser des véhicules propres pour leurs déplacements, favorisa les énergies naturelles…etc.
Il réussit à sensibiliser du monde, et bientôt, il ne se retrouva pas seul dans son combat en faveur de la planète. D’autres martiens s’en émurent et entreprirent à leur tour des actions.
Mars s’en porta mieux.
D’ailleurs, ne trouvez-vous pas que sa lumière est plus intense, plus colorée ?