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Charleston le perroquet

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Valérie Bonenfant
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Un conte qui est une invitation à l’apprentissage des langues…
En effet, rien n’est moins sûr que des traductions approximatives ! La preuve ?
Lisez donc l’histoire cocasse des traductions inexactes du perroquet Charleston, qui produisent beaucoup d’effet !

Charleston était un perroquet savant. Il connaissait plein de mots : des français, des allemands, des anglais… Mais aussi des russes, des chinois, des arabes, et même du latin !
Il pouvait tenir des conversations dans presque tous les pays du monde, et son don était connu partout.
Il était souvent appelé pour traduire des propos, parfois entre des personnes très importantes.
Un jour, il fut convié à la grande cérémonie du Papaye, où le ministre japonais recevait le président de la république française.
Le ministre japonais dit à son homologue :
-« Ko ni cho a ! »
Et Charleston traduisit :
-« Ah, le beau cornichon ! »
Autant vous dire que cela fit tout drôle au président français qui ne rigola pas du tout, et s’en alla aussitôt en prenant ses cliques et ses claques.
Le ministre japonais eut beau faire de multiples courbettes, la main sur le cœur, rien n’y fit !
Le traiter de cornichon, lui, le représentant du peuple français, non mais !
Une autre fois, les services de Charleston furent sollicités dans les pays arabes qui accueillaient une délégation d’américains en vacances. Les locaux, un turban sur la tête, et montés sur les dromadaires, dirent alors :
-« Salamalekoum ! »
Et Charleston traduisit aussitôt :
-« Avez-vous mal au cou ? »
Les américains s’étonnèrent de la question, se palpèrent le cou, quand soudain l’un crut voir une allusion à ce qui allait arriver à leur gorge. Il hurla :
-« Fuyons ! Vite ! Ils vont nous couper le cou ! Regardez, le gros sabre sur leur jambe, ils vont passer à l’acte ! »
Et tous prirent aussitôt leurs jambes à leurs cous, dans la panique générale.
Là encore, les touaregs n’y comprirent rien, eux qui voulaient simplement saluer leurs hôtes.
Ils essayèrent bien de les retenir, en les poursuivant de leurs dromadaires. Mais les pauvres touristes crurent qu’ils venaient les chasser, et coururent encore plus vite, en hurlant au secours ! Quelle débandade !
Pauvres américains ! Ils n’étaient pas prêts de remettre les pieds en Arabie.
Mais les aventures de Charleston ne s’arrêtèrent pas là.
Il fut appelé un jour, près d’un monsieur très riche, qui rêvait de revenir au temps des romains.
Il avait ainsi aménagé un grand espace à l’antique, avec d’un côté des thermes, de l’autre un amphithéâtre, tout cela desservi par un pont romain et un aqueduc.
C’était très beau.
Il avait loué les services de personnels déguisés pour la circonstance.
La seule chose qui lui manquait pour s’y croire complètement, c’était le parler latin.
Charleston fut donc invité à donner du vocabulaire antique à ces personnes.
Il fit sa distribution d’expressions consacrées :
-« Cretinus stupidus ! »
-« Motus bouche cousus ! »
-« Poil au cus ! »
-« Doulourus cactus ! »
-« Gratte-moi les pus ! »
Etc. etc.
Bientôt, tout l’amphithéâtre résonna des interjections typiquement latines.
Le monsieur très riche se sentit alors totalement réjoui. Son rêve était réalisé : il vivait au temps des romains, avec des gens qui parlaient la langue de l’époque. Comme c’était chouette !
Le savoir de Charleston était décidément bien utile.
Alors, si vous aussi avez un jour besoin d’un traducteur, n’hésitez pas à faire appel à lui.
Il s’appelle Charleston. C’est un perroquet fort sympathique, très savant, et qui mettra sûrement du piment dans votre vie !












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