Valérie Bonenfant
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L’histoire d’une partie de basket géante dans le ciel…
En guise de panier : les anneaux de Saturne !
Comme ballon ? Au choix, des planètes…
Quand aux joueurs : des étoiles filantes…
Il était une fois une étoile filante du nom de Fuxia.
Elle accomplissait depuis des milliards d’années un grand voyage à travers les galaxies.
Un jour, elle arriva dans le système solaire.
-« Tiens, des planètes de différentes tailles qui tournent autour du soleil… » se dit-elle.
Puis, il lui vint une idée :
-« Oh, elles sont bien rondes toutes ces planètes, on dirait des ballons… Et celle-là, avec ses anneaux, si je les décalais un peu… Voilà, c’est fait, un beau panier de basket ! »
Et la voici qui se mit à saisir la lune, et, avec l’une de ses branches commença à dribbler dans le système solaire.
-« Bong, bong, bong… » faisait la lune en rebondissant.
Un écart derrière la terre, un autre derrière Mars, et Hop, panier !
-« Gagné ! » s’exclama joyeusement Fuxia, « allez, je continue, et cette fois, avec une balle plus grosse et d’un joli bleu, la terre… »
-« Chboing, chboing, chboing… Bof, elle est un peu mouillée cette planète » dit-elle, en s’essuyant la branche. Un jet en l’air, et pile dans le mille ! Panier ! »
Fuxia poussa un cri de joie.
Bientôt, d’autres étoiles filantes qui passaient dans le coin la rejoignirent. Chacune y allait de son dribble et de ses tirs vers les anneaux de Saturne.
Elles étaient une dizaine maintenant à jouer ainsi et décidèrent de former deux équipes. Elles revêtirent chacune un dossard, bleu pour l’équipe des Bluestars, et rouge pour l’équipe des Redstars.
Une météorite de passage servirait d’arbitre. Mais attention, il n’y avait qu’un panier, et chaque équipe qui marquait aurait droit à des points.
Quel match, mes aïeux, ça bougeait dans le ciel, et ça donnait un sacré spectacle ! Vu d’en bas, de la terre par exemple, on voyait des points brillants qui partaient à droite… puis à gauche… C’était bizarre ! On n’avait jamais vu des étoiles filantes avec de telles trajectoires.
Et puis, par moments, on se sentait un peu secoué : les océans faisaient de grosses vagues, les montagnes se cassaient en morceaux, les déserts se changeaient en poussières…
Chacun s’accrochait alors à ce qu’il y avait de plus proche, et attendait que ça se passe…
Dans le ciel, Fuxia, qui avait revêtu le maillot rouge venait de marquer un but. Quel triomphe ! L’arbitre venait de siffler la fin du match, et les Redstars avaient gagné !
28 points contre 26 ! Il y eut alors un grand feu d’artifice dans le ciel : des étoiles de toutes les couleurs venues tout spécialement du fin fond des galaxies éclatèrent en des gerbes radieuses et généreuses.
Des comètes traversaient l’espace, en dessinant de grandes traces brillantes, qui s’estompaient ensuite doucement.
De toutes les planètes de toutes les galaxies, tous contemplaient cette féerie du ciel, l’air émerveillé.
-« Bravo ! » criait-on de la terre.
-« Volouf ! » clamait-on sur Captune.
-« Smirg ! » disait-on sur Centaure.
Partout des sourires, des applaudissements, la joie ! Fuxia était heureuse.
Quand elle reprit sa route après les festivités, elle traversa un champ de météorites. Celles-ci déboulaient à toute vitesse. Elles étaient nombreuses, et c’était difficile de les éviter.
Fuxia s’en amusa : elle sauta à califourchon sur quelques-unes, zigzagua entre d’autres, puis gagna en vitesse et les sema joyeusement.
Elle pouvait entendre, venant de quelques planètes des compliments :
-« Oh super, regarde l’étoile filante, ce qu’elle fait ! C’est génial ! » disait une voix sur la terre.
Tandis que sur Olmare, elle entendit :
-« Grognoug ! Siquoi fac oqui poum. Opino coco ! »
-« Okotoukou ! Ouapapou ! Aloa coucou ! »
Fuxia sourit, et tout en poursuivant sa route, leur adressa à chacun un clin d’oeil malicieux, que seuls ceux qui regardaient vers le ciel purent recevoir.