Valérie Bonenfant
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Quand rendre un service débouche sur un vrai métier…
Hardy, un chamois agile, accepte un jour de livrer un colis en haute montagne.
C’est le début d’un vrai travail de messager qui rend bien des services aux habitants de la montagne…
Hardy était un jeune chamois qui habitait les grands massifs montagneux.
De loin, c’était le plus agile, le plus rapide et le plus courageux des chamois.
En plus, il connaissait la montagne comme sa poche : pas un recoin qu’il n’avait visité, pas un bois qu’il n’avait traversé, pas un lac qu’il n’avait regardé…
Un jour, une cigogne vint se poser près de lui, à bout de souffle.
-« Ouf, quel voyage, j’arrive des pays chauds et je dois remettre à Max la marmotte un paquet de la part de son ami Walli le serpent du désert. Sais-tu où je peux le trouver ? » questionna la cigogne.
-« Max ? Oui, je sais. Il habite tout en haut des cimes. Mais j’ignore s’il est déjà réveillé, il fait encore bien froid là-haut ! » lui dit Hardy.
-« Froid ? Brrrh, quelle horreur ! Voilà que je vais m’enrhumer maintenant ! Moi qui viens du chaud, ouh la la…Comment vais-je faire ? » râla la cigogne.
-« Si tu veux, tu peux me laisser ton paquet, et dès les beaux jours, j’irai le porter à Max la marmotte » proposa Hardy.
-« Oh super, oui ! Tiens, voilà le paquet. Alors, je compte sur toi pour le lui remettre, merci beaucoup et à la prochaine fois ! » dit la cigogne en repartant, soulagée.
Hardy mit le paquet sur son dos et l’amena à sa maison.
Il attendit le printemps et ses jolies fleurs, le soleil qui réchauffe et le chant des oiseaux… Alors, il se mit en route, le paquet bien harnaché sur son dos.
Il traversa d’abord le bois noir, une forêt très dense et très sombre, aux formes sinistres et aux bruits lugubres.
Hardy n’y fit pas de mauvaises rencontres. Il y croisa seulement Justine la lapine qui le retint quelques instants.
-« Et où cours-tu ainsi, Hardy ? » lui demanda-t-elle.
-« Je monte aux cimes, voir Max la marmotte, je dois lui remettre un colis. » lui répondit Hardy.
-« Ah oui, vraiment ! Quelle bonne idée de s’envoyer des paquets. A l’occasion, reviens me voir, j’aimerais bien moi aussi transmettre des souvenirs à mon cousin Pépère le lièvre… » s’exclama Justine.
Hardy reprit son chemin. Cela montait de plus en plus raide, il se rafraîchit un moment près d’un ruisseau où une truite des montagnes vint lui parler :
-« Bonjour Hardy, te voilà bien chargé, où vas-tu donc ? »
-« Je vais porter un paquet à Max la marmotte, tout en haut des cimes. »
-« Un paquet ? Super… Mais alors tu vas passer près du lac rouge. Pourrais-tu remettre ce message de félicitations pour l’arrivée de son bébé à Maryse la grenouille ? »
-« Oui, d’accord. » Hardy prit l’enveloppe et s’en alla.
Il devait maintenant escalader les rochers. Parfois, une pierre filait sous ses sabots et Hardy dégringolait quelques mètres plus bas.
La paroi était très raide. Hardy cherchait ses appuis avec précaution. Le paquet sur son dos le déséquilibrait, et il devait faire attention à ne pas perdre le précieux message.
Enfin, le voilà tout en haut. Les vertes prairies étaient en vue, et au loin, le beau lac rouge scintillait de mille feux.
Que c’était beau ! Hardy se laissa aller à sautiller, à gambader puis à s’allonger dans l’herbe grasse, tapissée de fleurs de toutes les couleurs. Il s’y fit une belle et bonne sieste.
Quand il se réveilla, il contempla le paysage et se sentit plein d’une belle énergie. Il reprit son chemin avec enthousiasme.
Le lac rouge était maintenant tout près. Hardy s’approcha et appela Maryse la grenouille.
-« Maryse, Maryse ! J’ai un message pour toi, de la part de Vive la truite. »
Maryse arriva d’un bond, une toute petite grenouille verte, nichée sur son dos.
-« Oh, voilà le bébé ! » s’émerveilla Hardy, « qu’il est mignon ! Il est tout petit ! C’est adorable ! »
-« Merci Hardy, tu disais que tu avais un message pour moi ? demanda Maryse.
-« Oui, tiens, voilà ! » dit Hardy en tendant l’enveloppe.
-« Oh, quelle gentille attention ! Veux-tu bien transmettre à Vive le truite, quand tu la reverras, mes sincères remerciements. »
-« D’accord » dit Hardy. « Pour le moment, je dois retrouver Max la marmotte . »
-« Max est sorti de son terrier depuis une semaine. Il est en pleine forme. Tu le trouveras près de la grotte où il s’entraîne à siffler. » le renseigna Maryse.
Et Hardy repartit alors vers la grotte. Bientôt, il entendit les sifflements : stridents, perçants, ça faisait mal aux oreilles et ça n’était vraiment pas agréable à entendre.
Max avait besoin de s’améliorer ! Se bouchant les oreilles, Hardy pénétra dans la grotte, et cria :
-« Max, j’ai un colis pour toi, de la part de Walli le serpent. »
Max s’arrêta net.
-« Walli ? Non ? Quelle bonne surprise ! Ce bon vieux serpent du désert ! Que me transmet-il ? »
Max ouvrit son paquet et découvrit une vieille pipe en bois.
-« Quel curieux objet ! Mais rudement beau, je vais en décorer mon terrier. Hardy, pourrais-tu repasser à la fin de l’ été, je voudrais lui adresser un collier de fleurs tissées que je vais fabriquer… » dit Max.
-« Oui, d’accord, passe de bonnes vacances en attendant ! »
Et Hardy rebroussa chemin. Il s’arrêta, sur la route du retour, près du ruisseau où il transmit à Vive le truite les remerciements de Maryse la grenouillle.
Et voici comment, en rendant simplement service une fois, Hardy devint le messager officiel des montagnes. Beaucoup d’animaux usaient de ses capacités.
C’est fou ce qui pouvait s’échanger dans la montagne, comme colis, messages et salutations diverses…
Hardy était heureux de ce travail qui lui permettait d’aller à la rencontre des âmes et de paysages magnifiques.