Valérie Bonenfant
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Des idées de décoration que vous ne trouverez nulle part ailleurs !
Des papillons agitant leurs ailes colorées sur les murs, des tapis de mousse grand confort, des chants d’oiseaux authentiques, des pommes de pin sculptées, des herbes fleuries …
Autant d’œuvres d’art vivantes, offertes généreusement par la nature, à celui qui sait les apprécier…
Babiel, un jeune homme, venait de se doter d’une nouvelle maison. Toute neuve, sentant encore bon la peinture fraîche sur les murs, les fenêtres ouvertes sur la nature… Un plaisir à vivre et habiter.
Il ne manquait qu’une seule chose : la décoration, qui la personnalisât complètement. Babiel réfléchit : que mettre sur ces grands murs vides ? Des posters de gens célèbres ? Bof, aucun homme ni femme ne lui plaisaient assez pour faire partie de son chez lui…
Alors, des affiches de beaux paysages ? Mouais, certains, ils les trouvaient jolis… Quoiqu’un peu figés. Alors des œuvres d’art de grands maîtres ? Hélas, pas vraiment dans ses maigres moyens…
Babiel errait dans ses pièces vides, l’âme en peine. Il était à court d’idée. Tout ce chemin réalisé pour construire sa maison, et là, alors que tout était terminé, voilà qu’il butait sur la décoration… Zut alors, il partit méditer dans le jardin, sous le bel olivier.
Un joli oiseau vint lui chanter une douce mélodie. Comme c’était gai et vivifiant ! Comme il aimait cette musique…
-« Oh, petit oiseau, toi qui chantes si bien, peux-tu me donner une idée pour décorer ma maison ? » demanda Babiel.
-« Oui, je le peux ! » chantonna l’oiseau.
-« Je t’écoute… » dit le jeune homme, étonné, en regardant l’oiseau.
-« Ouvre ta maison à l’art vivant ! » continua l’oiseau.
-« L’art vivant ? Que veux-tu dire ? » interrogea Babiel.
-« C’est simple, invite chez toi les artistes que tu aimes, et permets leur de s’exprimer dans ta maison… »
-« Mais, je ne connais pas d’artistes… » gémit le jeune homme.
-« Ah oui ? Je croyais pourtant que tu étais sensible à ma musique… »
-« C’est vrai ! J’adore ! Mais… Voudrais-tu y entrer pour chanter ? » questionna Babiel, que la perspective enthousiasmait.
-« Oui, si tu m’y invites… » répondit l’oiseau.
-« Super, suis-moi ! »
Babiel fit visiter sa maison à son nouvel ami. Celui-ci eut un coup de foudre pour l’entrée, un lieu à taille d’arbre, parfait pour qu’un oiseau s’y sente à l’aise…
-« C’est là que je voudrais chanter ! » lança l’oiseau d’un pépiement joyeux.
-« Installe-toi ! » proposa Babiel, tout heureux.
Et la maison résonna alors d’un joli sifflement d’oiseau, une vraie merveille pour les oreilles. Babiel savoura cet instant. Avec ce chant, la maison était déjà bien emplie. Il décida de poursuivre ses recherches.
Il repartit dans le jardin, en quête d’artistes. Il tomba sur une pomme de pin, sculptée par un écureuil gourmand. Quel modelé ! Des contours finement ciselés qui faisaient de celle-ci une vraie œuvre d’art.
-« Voilà un parfait objet de décoration ! » s’exclama-t-il, « qui ira très bien sur ma télé.
En rentrant vers sa maison, il entendit un murmure :
-« Hé Babiel, moi aussi, je veux bien venir chez toi ! Je suis la grande herbe, là, à tes pieds. Prends-moi dans un pot avec un peu de terre et tu verras, je vais t’étonner. Je change de couleur à chaque saison, et au printemps, je donne même de jolies fleurs blanches… »
Babiel le regarda, attendri. Comment résister à une telle prière ? Bien sûr qu’il allait l’accueillir chez lui ! En plus, elle était magnifique, cette grande tige !
Précautionneusement, il la cueillit et l’installa dans une jolie poterie. Comme sa maison paraissait gaie, tout à coup !
Mais, celle-ci n’en resta pas là. Des papillons colorés vinrent orner les panneaux de la maison. Doucement, ils bougeaient leurs ailes, et les murs semblaient animés. Puis, des tapis de mousse se déposèrent par-ci par-là, invitant à une pause détente.
Enfin, quelques feuilles tombées des arbres vinrent parsemer les murs de leur couleur verte, en attendant de jaunir puis de rougir comme en automne.
Dans la maison, l’art était partout, changeant, vivant. Babiel était heureux chez lui, entouré d’œuvres de la nature, toutes plus belles les unes que les autres. Chacune participait à la vie du lieu, à sa chaleur, au fait que l’on se sentait bien à cet endroit.
La maison de Babiel ne venait pas seulement d’être décorée : elle hébergeait l’essence même de la vie.