Valérie Bonenfant
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Un conte sur les méfaits de la pollution industrielle…
La fumée d’une usine pollue tour à tour le ciel, la nature et la terre…
Mais ceux-ci ne vont pas se laisser faire... Ils vont se mobiliser et réussir à neutraliser l’usine. A méditer activement !
Il était une fois une fumée qui s’échappait d’une grosse cheminée d’usine. Elle était noire comme le charbon, et elle partait vers le ciel, en direction des gros nuages blancs.
Ceux-ci, quand ils la recevaient, toussaient fortement, et certains mêmes, se teintaient un peu de gris à son contact.
Berk ! Quelle saleté ! Et en plus, elle sentait très mauvais.
Un jour, un des nuages blancs lui dit :
-« Tu ne peux plus continuer à venir ainsi, polluer notre beau ciel bleu, et nous salir. Tu dois arrêter. »
Et la fumée répondit :
-« Mais je ne peux pas m’arrêter. Je viens de l’usine en bas, et comme elle travaille tout le temps, je suis générée en permanence, c’est comme ça ! Je dois m’évacuer ! »
-« Hé bien, évacue-toi ailleurs ! Ici, tu n’es pas la bienvenue, et dorénavant, nous t’empêcherons d’aller dans le ciel ! »
Et, sur ces entrefaites, une chape de nuages s’abattit au-dessus de l’usine, et forma un épais rideau imperméable, que la fumée ne put traverser.
Celle-ci s’écoula donc, coincée sous les nuages, et baigna la forêt environnante. Cette fois, ce furent les arbres qui toussèrent.
-« Berk ! Qu’est-ce que c’était que cette puanteur ? Où était passé leur bon air, sain et pur, d’antan, qui leur donnait cette belle couleur verte ? »
Le chef des arbres se plaignit aux nuages.
-« Mais que faites- vous ? Pourquoi nous ramenez-vous cette fumée pestilentielle ? Nous étouffons ici… Ouvrez-vous, et laissez-la partir dans le ciel… »
-« Pas question ! » répondit le représentant des nuages, « cette fumée pollue notre beau ciel bleu, et nous encrasse, nous ne pouvons accepter cela ! »
-« Très bien, j’ai compris. Puisque c’est comme ça, nous allons creuser un tunnel, et l’évacuer dans la terre… »
Et tous les arbres se mirent au travail. Ils creusèrent avec leurs racines un grand trou à l’entrée, et un profond tunnel, jusque vers le centre de la terre.
Là, ils devraient être débarrassés. Avec des feuillages épais, ils fabriquèrent comme un gros tuyau qui vint capter la fumée à la sortie de la cheminée, et l’amener à l’entrée du tunnel.
Et voilà, la fumée envahit la terre, qui, à son tour, toussa.
Plus elle se remplissait de fumée, plus ses toussotements devinrent forts.
Jusqu’au jour où cela s’avéra tellement insupportable, que la terre se mit à exploser.
D’abord, ce furent les bouchons placés au-dessus des volcans qui sautèrent, dégageant une épaisse fumée noire nauséabonde.
Puis, une grosse toux secoua la terre violemment. Les dégâts furent considérables. Tout était détruit à la surface. Rien n’avait résisté !
Pas même la grosse usine à la grande cheminée qui n’était désormais qu’un tas de pierres fumant !
Quelque temps plus tard, les volcans s’éteignirent, et la terre s’arrêta de tousser. Le ciel redevint bleu et pur, la forêt retrouva sa belle couleur verte, et la terre élimina les dernières souillures.
Quelque part, dans un coin, une tribu d’hommes frottait des silex.
Pourvu que cette génération-là d’individus ne se mette pas, elle aussi, à construire des usines à la fumée noire, et que son inventivité serve plutôt la belle nature.
Espérons-le en tout cas !