Valérie Bonenfant
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Un conte où il fait bon rêver…
Venez embarquer pour un grand voyage qui vous emmènera au pays des rêves !
Du rêve le plus raisonnable au plus fou, la locomotive dessert toutes les stations où chacun pourra y trouver son bonheur…
Il était une fois une locomotive imaginaire qui conduisait tout droit au pays des rêves. Ceux qui la prenaient, voulaient visiter leurs rêves.
Ils allaient alors à la gare du merveilleux, et attendaient le prochain train en instance.
Les départs n’étaient pas réguliers, car les trajets, fonction des désirs des voyageurs, pouvaient parfois être très longs. Tout dépendait de l’endroit où on voulait aller.
Et, comme les destinations étaient sans limites, cela pouvait parfois prendre beaucoup de temps…
Cette fois, de nombreux rêveurs attendaient la locomotive : il y en avait des petits, des grands, des gros, des sérieux, des rigolos, des jeunes, des vieux…
Le voyage était permis à tous, et aucun ne s’en privait.
Il y avait sur le quai Max le canard, un habitué de la locomotive, Ernest le lapin, Joe le castor, et Maya la petite souris, tout excitée car c’était son premier voyage. Son frère, Felou, l’accompagnait, et lui tenait la patte pour la circonstance.
Mais, voilà que le train entrait en gare : on apercevait au loin la fumée orange qui s’échappait de la grosse cheminée. Bientôt apparut l’engin lui-même, et sa couleur bleue caractéristique : plus douce que celle du ciel d’azur, mais plus foncée que celle de la mer transparente.
Tous les voyageurs montèrent dans les wagons et s’installèrent confortablement dans les fauteuils de mousse.
Un coup de sifflet, et le départ fut donné ! Doucement, le train se mit en marche, sur ses rails fabuleux. Ceux-ci s’élevaient vers le ciel, en de douces courbes.
Les voyageurs regardaient le paysage défiler : d’abord la ville qu’ils laissèrent dessous eux, puis des nuages de moins en moins épais, et enfin le ciel où les premiers rêves apparurent.
Première halte : station « du travail ». Quelques voyageurs descendirent, dont Joe le castor. Celui-ci avait toujours rêvé d’être un grand astronome, et il était venu pour penser à ses chères étoiles.
La locomotive reprit sa route, et s’arrêta ensuite à la station « famille ».
-« Station « famille », les rêveurs de la famille sont invités à descendre ! » cria le chef de station.
Ernest le lapin descendit. Son rêve, c’était de fonder une grande famille, encore plus nombreuse que celles qu’avaient traditionnellement les lapins. Ernest rêvait de centaines d’enfants à lui, qu’il éduquerait avec cœur et conscience.
Dans le pays des rêves, il put se laisser aller à imaginer sa progéniture, sans contraintes, ni limites. Puis, la locomotive continua son chemin.
-« Station « loisirs » » annonça-t-on au micro.
Max le canard quitta le train. Il était arrivé. Il adorait rêver qu’il faisait du surf sur les grandes vagues.
Waouh, c’était génial ! Quelle sensation de glisse merveilleuse ! Il surfait sur la crête des vagues, les ailes légèrement déployées pour tenir l’équilibre, et les yeux mi-clos pour mieux goûter le vent sur ses plumes.
La locomotive se remit en marche. Elle desservit de nombreuses autres stations, où, à chaque fois, descendaient des voyageurs.
Enfin arriva la dernière halte :
-« Station « liberté », tout le monde descend ! »
Maya et Felou, les jeunes souris sortirent, quelque peu intimidés. Qu’allaient-elles découvrir ? Felou qui était un gros gourmand, rêva bientôt d’un monde de bonbons, tous plus délicieux les uns que les autres, et aux couleurs acidulées. Quel régal ! Quel plaisir : il sautait sur les guimauves, grignotait des caramels mous, suçait du réglisse. Fabuleux !
Maya, elle, fut transportée au pays des princesses. Qu’elles étaient belles avec leurs robes brillantes, pleines de perles et de dentelles ! Maya était émerveillée ! En plus, voilà qu’elles approchaient , et qu’elles allaient lui parler, comme si Maya était leur amie. Celle-ci s’exclama :
-« Que vous êtes jolies ! Et vos robes tellement belles… »
-« Veux-tu que nous t’en confectionnons une ? » proposa une belle princesse aux cheveux d’or et au doux sourire.
-« Oh oui ! » s’écria la souris, enthousiaste.
Et aussitôt, elle fut mesurée dans tous les sens, des étoffes lui furent présentées pour trouver celle qui lui convenait le mieux.
On découpa, on piqua, on créa… et le résultat fut au-delà des espérances. La souris était parée de la robe la plus magnifique qu’elle ait jamais vue : toute en lumières, en légèreté, et en douceur…
La locomotive acheva ainsi sa tournée et revint à la gare de départ pour embarquer de nouveaux visiteurs vers le pays des rêves.
Que de monde ! Il fallait ajouter des wagons, qu’à cela ne tienne : bientôt deux voitures de plus furent accolées au train !
Le voyage promettait d’être long, mais ce n’était pas grave : au pays des rêves, on n’était pas pressé !