Valérie Bonenfant
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Un saut de puce gigantesque qui amène Léonie sur la lune !
Celle-ci cherche le croissant si souvent observé depuis la terre.
Elle ne va pas le trouver, mais fera, par contre, d’autres rencontres…
Il était une fois une puce du nom de Léonie, dont le rêve depuis toujours était d’aller sur la lune. Elle s’entraînait depuis toute petite à faire des bonds en espérant qu’elle arriverait un jour à atteindre l’astre qui lui plaisait tant.
Ce qu’elle préférait, c’était quand la lune était en forme de croissant. Que ça devait être agréable d’être confortablement installée, comme dans un hamac, au milieu des étoiles…
Elle bondissait, de plus en plus haut, de plus en plus loin.
Un jour, elle réussit même à atteindre un nuage… Le but n’était plus très loin, elle le sentait.
Un soir, alors que la lune s’apprêtait à briller dans le ciel, en arborant un beau croissant, Léonie tenta le tout pour le tout. Elle allait y arriver, elle en était sûre.
Un, deux, trois, elle courut très vite pour prendre un maximum d’élan et sauta. Elle fut propulsée dans le ciel à toute vitesse. Elle perça un nuage qui eut une fuite et se vida alors de son eau en faisant de la pluie.
Puis, elle arriva dans le grand ciel noir. Elle ne se laissa pas distraire et garda son cap.
La lune grossissait de plus en plus, elle approchait.
Bientôt, Léonie distingua le sol lunaire, et elle se prépara à l’atterrissage. Elle sortit son mini-parachute accroché à son dos, et tomba doucement, sur un rocher en hauteur.
Elle regarda autour d’elle. Blanc, c’était tout blanc. Certes, il y avait bien quelques reliefs, des trous par ci par là, quelques rochers émergeant comme celui sur lequel elle se trouvait, mais rien de vraiment extraordinaire.
Où était donc la belle lumière dorée qu’elle voyait depuis la terre ? Et le croissant ? A priori, ce n’était pas par là.
Elle décida donc de partir à la recherche du croissant, et sans trop tarder, parce-qu’elle savait qu’il ne durait pas, et qu’après, la lune redevenait ronde.
Mais quelle direction prendre ? Elle voulut alors demander son chemin à un habitant des lieux. Elle tomba sur Crisp, un insecte lunaire aussi blanc que le sol :
-« Bonjour monsieur l’insecte lunaire. S’il vous plaît, je suis étrangère, pourriez-vous m’indiquer la direction du croissant ?
L’insecte la regarda, surpris, et ne répondit pas. Léonie dit alors :
-« Ah, c’est parce que vous ne me comprenez pas, je ne parle pas le langage de la lune, c’est cela ? Bon, ce n’est pas grave, je vais essayer de me débrouiller toute seule. »
Elle choisit alors un chemin et le suivit en se disant qu’il déboucherait bien quelque part. Mais elle marchait depuis plusieurs heures et rien ne lui apparut. Elle souffla :
-« Oh, toujours rien… En plus, il n’y a aucun panneau indicateur pour indiquer la route… Ils sont vraiment retardés ici ! »
Elle était encore en train de ronchonner quand elle tomba sur une puce lunaire.
-« Ah chouette ! Une consoeur de la lune ! Elle va sans doute pouvoir m’aider. Et elle entreprit alors de lui expliquer sa quête, en articulant bien et en faisant de grands gestes pour être sûre qu’elle se faisait bien comprendre :
-« BONJOUR, MOI LEONIE » dit-elle en se frappant la poitrine, « LE-O-NIE ».
-« MOI, ETRANGERE, VIENS DE LA TERRE ».
Et elle montra la terre qui brillait au fond de la voie lactée.
-« MOI, CHERCHER CROISSANT DE LUNE, CROISSANT DE LUNE . »
Et elle mima avec ses pattes la forme d’un croissant.
La puce lunaire la regarda un long moment, sans répondre.
-« Oh flûte ! Elle ne comprend rien ! C’est bien ma veine, je ne tombe que sur des bêtas sur cette planète ! »
La puce lunaire se mit alors à parler :
-« Je ne suis pas bête, et j’ai très bien compris ta question, mais il n’y a pas de croissant ici… »
-« Hein, heu, ah bon ? Mais vous devez vous tromper… Je l’ai contemplé de nombreuses années durant depuis la terre. C’est vrai qu’il ne reste pas longtemps, mais quand même, c’est étonnant que vous ne le connaissiez pas… ! »
-« Je le connais » répondit la puce lunaire, « mais ce n’est pas ce que tu crois. »
-« Ah, je ne comprends pas. »
-« Ce n’est qu’une illusion. Ce que tu vois de la terre n’est que la partie éclairée par le soleil de notre astre. En fait, celui-ci est toujours rond… »
-« Mais, mais, je l’ai vu… »
-« Oui, comme tu vois la terre toute bleue vue d’ici, et pourtant, tu ne vis pas dans un monde bleu que je sache… »
Léonie était perplexe. Oui, c’était vrai que la terre vue d’ici était d’un beau bleu profond. Quel était ce drôle de phénomène qui transformait ainsi la réalité ? Toute penaude, elle bredouilla :
-« Je suis désolée, vous devez me trouver bien stupide, avec mes questions idiotes… »
La puce lunaire la regarda gentiment et lui dit :
-« Parfois, il faut accomplir un long voyage pour trouver la clé des mystères. Cela n’a pas été inutile pour toi… Et puis, j’ai été contente de faire connaissance avec une cousine de la terre. Alors, dis-moi, qu’est-ce qu’il y a à gratter chez toi ? »
Léonie sourit et lui raconta alors ses exploits. Elles bavardèrent ainsi un long moment, en s’échangeant leurs histoires. Souvent, elles riaient. Quand vint l’heure de se séparer, ce fut deux amies qui se dirent au revoir.
-« Viens me voir quand tu le pourras ! » invita Léonie.
-« Oui, un de ces jours, promis, je prendrai la navette ! » répondit la puce lunaire.
Léonie prit alors un grand élan et plongea dans le ciel, direction la terre.
Quelques heures plus tard, elle atterrit près de chez elle. Voilà, on était quand même bien chez soi…
C’était le soir, et elle regarda le ciel, vers la lune. Celle-ci justement formait un beau croissant brillant.
Léonie y vit alors un sourire, et s’en sentit fort heureuse.