Valérie Bonenfant
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Un conte où l’on découvre que la paix peut s’établir, même dans un environnement de guerre…
Fleurus, un chat, découvre sa maison détruite par une bombe.
Heureusement, tous ses maîtres sont sains et saufs !
Mais, manque à l’appel la souris en cage qui tenait compagnie à sa petite maîtresse.
Fleurus va alors s’improviser chat sauveteur de souris…
C’est l’histoire d’un chat, du nom de Fleurus, qui avait perdu sa maison. Il était parti un mercredi se faire dorer au soleil vers le cimetière, et voilà que le vendredi, quand il voulut rentrer chez lui, retrouver sa gamelle… Plus rien ! Plus de maison, plus de jardin, plus de maîtres… Que des gravats fumants, des restes de murs vaillamment debout sur leurs quelques pierres empilées.
Mais, que s’était-il donc passé ? Et avec tout ça, où se cachait sa gamelle ? Normalement, il devait y avoir double ration dans celle-ci, car il était parti il y a deux jours…
A moins que Moustachu ne lui ait tout pris ? C’était sûrement ça ! Une si sale affaire, ça ne pouvait être qu’un coup de Moustachu ! Nom d’un chat à queue en tire-bouchon, Fleurus n’allait pas se laisser faire ! C’était que sa gamelle, il y tenait !
En plus, voilà deux jours qu’il n’avait pas pris de repas consistant, alors il avait plutôt faim, et ça pressait ! Moustachu avait intérêt à lui rendre son bien ! Illico presto ! D’un pas décidé, Fleurus se mit en route vers le grand platane où squattait habituellement le grand matou gris. Au milieu de ce tas de ruines, par chance, l’arbre était toujours là.
-« Moustachu ! Où es-tu ? Je sais que c’est toi qui a pris ma gamelle… Rends-la-moi ! Elle n’est pas à toi… Et j’ai très faim ! »
En réponse, un long silence se fit entendre.
-« Moustachu ! Je vais m’énerver ! Ma patience a des limites ! Dépêche-toi de me rendre mon miam ! Sinon, il va t’arriver des ennuis ! »
Calme plat sur les ondes…
-« Alors là Moustachu, tu exagères ! Non seulement tu ne me restitue pas mon bien, mais en plus tu n’as même pas le courage de te montrer ! C’est une erreur, Moustachu, une grosse erreur… »
-« Hey toi ! Arrête de miauler comme ça ! Tu ne vois pas qu’il n’est pas là, Moustachu. Je crois bien que la bombe a eu raison de lui… » soupira Ernest, le chat de gouttière du quartier.
-« Quoi ? Quelle bombe ? » demanda, étonné, Fleurus.
-« Voyons Fleurus, tu n’as rien entendu ? Et là, tu ne vois pas les dégâts ? C’est terrible, ça a tout détruit… » se lamenta Ernest.
-« Hein ? Oh ça alors ! Tu as raison ! Quelle horreur ! Mais je ne comprends pas… J’étais au cimetière, je n’ai rien entendu… »
-« Faut croire que tu dormais bien ! Comme un mort peut-être ! C’est vrai qu’au cimetière… ! »
-« Au cimetière, c’est paisible : il n’y a pas de bruits, le soleil chauffe les pierres, il y a des fleurs qui embaument. Pour moi, c’est un lieu sympathique… » continua Fleurus.
-« Pas très vivant comme endroit quand même… La preuve, tu étais complètement anesthésié… Sinon, pour manger, tu peux aller du côté de l’arbre à nids, celui-ci s’est effondré avec tous les oiseaux dedans, il y a eu des victimes… »
-« Bah, je n’ai plus faim. Et puis manger dans ces conditions… Ca ne me dit trop rien ! Je vais plutôt voir du côté des décombres, chez moi. Il ne faudrait pas que mes maîtres soient dessous… »
Fleurus partit dare-dare. Quelle catastrophe ! Mais, Ô joie, sur les ruines, tous ses maîtres étaient là. Il y avait Papa Jules, Maman Claire, petit cœur, et jolie Fantine. Trop génial ! On ne savait qui du chat ou de ses maîtres étaient les plus heureux ! Et des caresses, et des câlins, et des baisers… A n’en plus finir. Seule jolie Fantine eut, à un moment, une larme.
-« Ma petite souris, Camomille, elle est enfouie dessous… Pauvre gentille bête ! C’était mon amie ! J’aurais tant voulu la revoir… »
Alors, Fleurus s’improvisa chat sauveteur de souris, car voir sa petite maîtresse triste sur ces ruines, ce n’était pas acceptable. Il renifla, huma, gratta…
Bigre ! Là-dessous, il y avait ses croquettes, il en était sûr ! Ca sentait la bonne odeur de viande ! Mais il n’était plus à la recherche de sa gamelle. C’était la souris Camomille qu’il fallait trouver.
Il parcourut la maison, ou plutôt ce qu’il en restait, de long en large… Et soudain, un léger fumet ! Oui, c’était ça, il la reconnaissait : il l’avait tant guetté, autrefois, l’appétit aiguisé…
Alors, il miaula, gratta de ses pattes, agita sa queue. Jolie Fantine arriva en courant :
-« Il l’a trouvée ! Venez vite, elle est dessous, là ! »
Chacun y alla de son déblai enlevé, et bientôt la cage apparut, emboutie mais debout. A l’intérieur, la souris sautait de joie ! Tout juste si elle n’allait pas embrasser le chat ! Elle était sauvée… Ouf ! Finalement, cette histoire finissait plutôt bien. Tous étaient en vie…
En vie ? Oui, avec la faim ! Alors, Fleurus partit vers sa gamelle, et creusa jusqu’à trouver ses croquettes. Miam, quel régal ! Et comme les épreuves l’avaient rendu attentif aux autres, il partagea sa pitance avec Camomille qui, elle aussi, avait très faim…
Après la guerre, la paix régnait plus que jamais dans la maison…