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Le chevalier Preux

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Valérie Bonenfant
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L’histoire d’un chevalier des temps modernes…
L’âme noble, un cœur généreux, un courage à toute épreuve, toujours prêt à défendre les plus faibles…
Rien ne lui manque…si ce n’est une princesse ! Mais où se trouve-t-elle donc ?
Ah là ! La voici, il la reconnaît !
Mais de nombreux dangers cocasses la guettent…

Preux était devenu un chevalier parce qu’il en rêvait depuis qu’il était enfant. A cette époque, il dévorait les histoires des princes et princesses, il adorait lire les contes merveilleux qui le transportaient dans un autre monde, là où c’était lui qui sauvait des princesses des griffes de méchants, tous plus horribles les uns que les autres.
-« Quand je serai grand, je voudrais être un chevalier ! » déclama-t-il solennellement, la main posée sur une pierre, alors que des éclairs striaient le ciel et que le tonnerre grondait.
Devenu grand, son pacte était toujours présent dans sa tête.
Bien sûr, il n’avait pas d’armure, ni de destrier, pas même un sabre, car, à son époque, les chevaliers n’étaient pas habillés comme ça. Au mieux portaient-ils un costume et une cravate, parfois un jean et une chemise blanche, parfois encore un bleu de travail et des gants matelassés.
L’habit ne faisait pas le chevalier, mais le chevalier existait quand même. La preuve ? Preux en était un parfait exemple : l’âme noble, toujours prêt à rendre service, à aider les personnes âgées à porter leurs commissions, à sauver la veuve et l’orpheline…
Son problème ? Il n’avait pas de princesse. Et pourtant, pas une histoire de chevalier servant sans princesse…
Il était grand. Le temps était venu pour lui de sauver sa belle. Mais où était-elle donc ? Il avait eu beau la chercher, il ne l’avait pas encore trouvé ! Et pourtant, il en avait envie, là, maintenant.
Il regarda autour de lui et vit une jeune femme s’apprêter à traverser imprudemment la route. Aussitôt, il bondit. Il plongea sur le bitume et se mit en travers de la voie, le corps allongé par terre. En même temps, il poussa un grand soupir, ému.
Une voiture pila, puis une autre, puis une autre…et encore une autre. Boum, boum, boum…et boum ! Résultat : un carambolage géant ! Maintenant, c’était les klaxons qui s’excitaient.
-« Hey, abruti ! Tu es malade ou quoi de te jeter sous mon capot ! »
-« Zut alors ! Le capot de ma voiture toute neuve est plié comme un accordéon… C’est mon mari qui va être content ! »
-« Tout ça, c’est à cause de cet imbécile qui a sauté en plein milieu de la route ! Danger public, va ! »
La jeune femme, quant à elle, poursuivait son chemin. Apparemment, elle allait vers le supermarché. Preux se releva brusquement et la suivit, d’un air protecteur.
Un piéton qui s’apprêtait à la croiser ? Qu’à cela ne tienne : hichosa, manchakosa, oh, yoh ! Une prise de karaté et son compte était bon ! En moins de temps qu’il ne fallait pour le dire, le pauvre passant se retrouvait ligoté avec ses bras, ses jambes tressées, et sa tête posée à l’envers.
-« Non mais il est complètement dingue ce type ! Je ne lui ai rien fait, et voilà qu’il m’agresse dans la rue… Qu’est-ce qui lui prend ? »
Mais Preux n’eut pas le temps de répondre. Sa princesse allait entrer dans le magasin. Il fallait qu’il la protège de ces portes soient-disant automatiques. Il y avait danger à ce qu’elles se referment sur elle, alors Preux fonça et, jambes et bras écartés en travers de la porte, il bloqua le système de fermeture des portes.
Seul problème, sa belle ne pouvait pas passer avec lui en plein milieu. Elle haussa les épaules et prit la porte automatique d’à côté.
Fichtre ! Elle se dirigeait droit vers le rayon de la poissonnerie, là où de gros crabes et des homards attendaient d’être achetés, dans un grand bac rempli d’eau.
-« Non ! » hurla-t-il, en se décoinçant soudainement de sa porte.
Il se plaça entre elle et le bac de crustacés.
-« N’approchez pas ma belle ! Ces bêtes sont dangereuses ! Je suis votre chevalier Preux, et je vous sauverai de tous les périls qui vous guettent ! Maintenant, un baiser, ma princesse ! »
En guise de baiser, il reçut une claque magistrale et des insultes, sans aucune touche de romantisme.
Pire ! Des gens en uniforme l’amenaient vers un camion fourgonnette, plein de grilles, sous les yeux en colère de sa bien-aimée.
-« Ma belle… Je te resterai dévoué corps et âme, toute ma vie ! » eut-il juste le temps de dire, avant d’être embarqué vers la prison où il eut tout le temps de méditer. Quand il sortit, il se dit :
-« Peut-être que je me suis trompé… Finalement, ce n’était sans doute pas cette brune, ma destinée. »
Justement, une blonde venait vers lui. Miracle ! La voilà, sa dulcinée ! Son cœur se mit à battre à tout rompre… Je vous laisse deviner ce qui arriva…












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