Valérie Bonenfant
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Un voisin nouveau et inconnu ? L’occasion pour les habitants du lieu de fantasmer sur les raisons qui l’ont poussées à s’installer ici… Bien sûr, rien de ce qu’ils n’imaginent ne correspond à la réalité…
Et les apparences s’avèrent trompeuses… Pourtant, la réalité est tellement simple…
Un voisin nouveau et inconnu ? L’occasion pour les habitants du lieu de fantasmer sur les raisons qui l’ont poussées à s’installer ici… Bien sûr, rien de ce qu’ils n’imaginent ne correspond à la réalité…
Et les apparences s’avèrent trompeuses… Pourtant, la réalité est tellement simple…
Il était une fois un crabe du nom de Farel. Un jour, il en eut assez de vivre sur les rochers battus par la mer.
Il eut envie de se construire une maison sur la terre ferme.
Il marcha longtemps sur le sable puis trouva un petit coin d’herbe bien verte. Il décida d’y édifier sa bâtisse.
Bientôt, ce fut chose faite : il en sortit une jolie maison entourée d’un petit coin de verdure.
Farel voulut alors s’adonner à son loisir préféré et si souvent rêvé : le jardinage.
Non loin de là vivaient de petits personnages qui se connaissaient depuis longue date et avaient fini par former un village. Farel ne savait pas qu’il était devenu un des sujets de conversation favori des habitants voisins.
-« On ne le connaît pas, on ne sait pas d’où il vient. Et puis, il a un drôle d’air » siffla Gus le lézard.
-« C’est vrai, il est louche ce type, sans doute est-il venu se réfugier ici parce qu’il a fait quelque chose de très grave » renchérit Casper le cafard.
-« Oh ciel ! » s’écria Julie la chenille, « un criminel chez nous ! » Et elle alla clamer haut et fort dans le village que chacun devait rester chez soi, qu’il y avait grand danger à sortir !
Pendant ce temps, Farel commença à creuser pour planter de petites graines dans son jardin.
Dans le village régnait la terreur.
-« Alerte, il a sorti une arme ! » hurla Amélie l’abeille, » je l’ai vue en survolant son repaire, un long tube avec un fer au bout ! »
-« Il va venir nous prendre toutes nos économies ! » s’affola Bibine la fourmi, en fermant aussitôt sa porte à double tour.
-« Les enfants, vite, à la maison », cria Dame Faufile, la grande araignée.
C’était l’effervescence…
Pendant ce temps, Farel continuait tranquillement son travail. Il était désormais en train d’arroser la terre en sifflotant.
Les habitants du village qui ne le voyaient toujours pas venir avec son arme échafaudèrent alors une autre théorie :
-« Je crois que c’est un prince en exil » supposa Léonor le papillon, « il a dû être chassé de son pays, j’ai déjà entendu une histoire comme ça, une fois… ».
-« Mais où serait le reste de sa famille, alors ? » questionna Belle la sauterelle.
-« Ils ont dû tous les exterminer ! » dit sur un ton excité, Pépette la grenouille.
-« Quels sauvages ! » s’exclama Poët le bourdon. Et il s’en alla propager la nouvelle dans le village. Nouveau branle-bas de combat, cette fois, c’était la révolution qui effraya la foule ! Tout le monde se réfugia à nouveau chez soi, craignant l’invasion des armées de rebelles… !
Au même moment, Farel, qui venait de terminer son potager, décida d’embellir son jardin en y plantant de jolies fleurs…
Les habitants du village, collés depuis plusieurs semaines derrière leurs fenêtres, et ne voyant aucune armée arriver, finirent par sortir de chez eux.
-« En fait, sa tête me dit quelque chose, je me demande si ce n’est pas le grand champion d’endurance dont tout le monde parle. Il paraît qu’il a marché des kilomètres sans s’arrêter ! » dit Sandile la libellule.
-« Un héros chez nous, quelle chance ! » s’écria joyeusement Fée la puce.
-« Allons le saluer et le fêter comme il se doit ! » proposa alors Basile le criquet.
Et tous revêtirent leurs plus beaux habits et arrivèrent chargés de bouquets de fleurs chez Farel .
-« Bonjour, nous sommes vos voisins, nous sommes très heureux de vous accueillir parmi nous ! Quelle belle maison et quel magnifique jardin vous avez là ! »
- « Merci, j’y ai beaucoup travaillé, je suis heureux qu’il vous plaise »
Et ce fut ainsi que les habitants du village et Farel firent connaissance.
Jamais, le crabe ne sut qu’il avait tour à tour incarné auprès de ces gens un bandit de grand chemin, un prince révolutionnaire et enfin un grand champion.
Ce qui était sûr, c’était qu’il était devenu un sacré jardinier !