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Le manège du ciel

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Valérie Bonenfant
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Deux amis avions vont jouer au grand manège du ciel : un parc d’attractions géant, en plein ciel, qui procure de sacrées sensations aux jeunes aéroplanes venus s’y amuser !
Attention, cœurs sensibles, s’abstenir !

Il était une fois sur un aéroport deux petits avions sympathiques.
L’un s’appelait Barnabé, était plutôt rond, le nez aplati, le front bombé. L’autre, du nom de José, possédait deux ailes pointues, un bec long et fin, et était construit tout en triangles. Tous deux bavardaient tranquillement, en attendant de décoller.
-« Tu sais quoi « dit Barnabé, « l’autre fois, je suis arrivé quelque part dans le ciel, c’était super, comme un manège géant ! »
-« Ah bon ? » s’étonna José, « qu’est-ce qu’il y avait ? »
-« Hé bien, plein d’attractions géniales. Toutes plus excitantes les unes que les autres. C’était hyper chouette ! »
-« Oh » dit José, « j’adore les sensations fortes. Pourrais-tu m’y emmener un jour ? »
-« Pas de problème, on y va quand tu veux ! » proposa Barnabé.
-« Alors tout de suite ! » s’exclama José qui ne tenait plus de découvrir l’endroit magique.
Les deux avions mirent leur moteur en route et s’apprêtèrent à décoller. Voilà, ils étaient maintenant sur la piste. Ils mirent la gomme et s’envolèrent vers le ciel.
Ils montaient, montaient… et prenaient de plus en plus d’altitude. Barnabé se rappela. Il fallait arriver dans le bleu du ciel. Le manège était très haut.
-« C’est encore loin ? » demanda José.
-« Non, nous sommes bientôt arrivés » répondit Barnabé.
Voilà, ils étaient parvenus dans l’azur. A la borne 30, c’était bon.
-« Nous y sommes ! » dit tout à coup Barnabé.
En effet, ils arrivaient comme dans un grand cirque façonné en plein ciel. C’était une espèce de trou immense, et, à l’intérieur, on pouvait y apercevoir des attractions empilées.
-« Waouh ! » s’exclama José « ça a l’air sensationnel ! »
-« Viens ! » proposa alors Barnabé, « allons sur les gros nuages de mousse ! »
Ils parvinrent bientôt au niveau des gros nuages blancs très moelleux, et s’amusèrent à y rebondir dessus.
-« CHDOING, BONG, ZIP ! »
Les deux avions s’aplatissaient avec plaisir dans les coussins blancs, jouaient à bondir d’un côté, de l’autre. Barnabé s’amusa même à piquer du nez dans les volutes cotonneux.
-« C’est super ! » dit joyeusement l’avion rond.
-« Hyper chouette ! » répondit l’appareil pointu.
Ils essayèrent ensuite une attraction plus remuante : le soufflet. Il s’agissait d’entrer dans un courant d’air cyclonique, qui secouait plutôt.
A peine entré, Barnabé fut aspiré vers le haut en tournant comme dans une spirale ! Il monta à toute vitesse et eut l’impression que ses ailes se pliaient tellement ça allait vite !
José hésita puis se lança dans un grand cri. Pour lui, pas de spirale, mais des turbulences violentes qui le secouèrent comme un prunier !
-« Oh là » se dit-il, « c’est pire que quand j’ai traversé le terrible orage au-dessus du désert ! »
Il rejoignit son collègue qui l’attendait pour aller sur la glissade géante. Il s’agissait en fait d’un arc-en-ciel immense, très coloré bien sûr, sur lequel on grimpait d’abord, tiré doucement par une ficelle. Puis, une fois arrivé en haut, on lâchait tout, et on dégringolait à toute vitesse, de l’autre côté.
Les deux amis montèrent ensemble. Barnabé prit le couloir jaune, et José le violet. Prêts ? C’était parti ! La glissade tint ses promesses : les deux amis descendirent à fond les ballons, et pourtant, ils avaient coupé le moteur ! A l’arrivée, ils se retrouvèrent à planer, et goûtèrent le plaisir de voler en silence, avec seulement le bruit du vent sur leurs ailes.
Puis, ils allèrent à la découverte des étoiles dans le labyrinthe noir. C’était un endroit sombre, où on n’y voyait goutte.
Seules quelques étoiles clignotaient parfois, et indiquaient alors l’itinéraire à suivre.
José, à l’affût, trouva rapidement son chemin dans l’obscurité régnante. Mais, le pauvre Barnabé, lui, eut beau scruter les cieux, il n’y vit rien, et erra de longs moments, perdu dans le noir.
Il en était tout déboussolé, et ne savait plus où il en était de son vol : était-il placé à l’horizontale, ou bien à la verticale, ou encore à l’envers ?
Quand enfin, il trouva la sortie, il eut la surprise de se découvrir le ventre à l’air !
Les deux amis continuèrent à s’amuser dans le parc d’attractions encore longtemps.
Mais hélas, bientôt leurs clignotants s’allumèrent. Ils n’avaient plus beaucoup d’essence : il fallait rentrer vite.
A regret, les compères rentrèrent à l’aéroport. Ils se promirent toutefois de revenir prochainement pour continuer leurs découvertes de nouvelles attractions.
Le manège du ciel, c’était trop bien !












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