Valérie Bonenfant
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Un conte où la généalogie révèle qu’un renard et un écureuil sont issus de la même famille…
C’est en tout cas ce que voudraient absolument croire les deux amis très proches, qui se trouvent des traits de ressemblance certains…
Il était une fois un renard et un écureuil qui se croyaient cousins : même couleur rousse, même queue fournie et douce, même regard malin et espiègle.
Même leurs attitudes se ressemblaient, par exemple quand ils se tenaient assis, tous deux leurs pattes de devant croisées. Ou bien quand ils adoptaient la même posture de mise à l’affût.
Toutes ces similitudes ne pouvaient supposer qu’une origine commune, même si elle était lointaine.
Pour en être sûrs, ils décidèrent de construire leurs arbres généalogiques, pour trouver là où ceux-ci se rejoignaient, là où ils avaient un ancêtre commun.
Max le renard commença ses recherches. Jusqu’à ses grands-parents, il connaissait bien : il y avait d’abord Fox son papa et Lili sa maman. Puis, Roxy et Fifi, ses grands-parents paternels, et Larry et Loulou, ses aïeux maternels.
Tous, de purs renards, sans la moindre ombre de croisement avec un écureuil.
De son côté, Pistou l’écureuil dressa les premières branches de son arbre : mama Julia et papa Ouf, puis mamie Fine et papi Foudre. Et enfin, mamée Choco et papé Cacao.
De la même façon, la poursuite de la connaissance de ses origines allaient lui demander davantage de travail.
Alors, chacun commença ses investigations. Leurs grands-parents purent leur donner des informations sur leurs propres parents et grands-parents.
Puis, des recherches dans les archives de la forêt, les renseignèrent sur leurs aïeux plus lointains.
Du côté de Max, il n’y avait toujours que des renards, comme ce Pampan, mort glorieusement au cours d’une chasse à courre royale. Ou ce Fuso, très rusé, qui avait été sacré champion des croqueurs de poules.
Mais d’écureuil, point, ni même un renard de petite taille.
Quant à Pistou, ses recherches s’avérèrent peu fructueuses. Bien sûr, il avait retrouvé certains de ses ancêtres, comme ce Bobby qui avait accumulé des trésors de noisettes. Ou ce Tintin, dont le saut gigantesque entre deux grands pins était resté dans les annales.
Mais là aussi, aucun lien avec un renard. Leurs arbres généalogiques ne se croisaient toujours pas.
-« Ce n’est pas possible, nous sommes cousins, c’est évident ! Il doit falloir remonter encore plus loin dans nos origines, pour trouver notre parent commun. C’est tout… » affirma Max.
-« Oui, peut-être au temps de la préhistoire… Va savoir ! » suggéra Pistou.
-« Mais non, Pistou : les renards et les écureuils n’existait pas en ce temps-là ! » se moqua gentiment le renard.
-« Et bien justement, c’est peut-être là qu’est la vérité. L’animal qui vivait à l’époque n’était peut-être ni tout à fait un renard, ni tout à fait un écureuil, mais notre ancêtre commun qui a donné naissance à deux branches de la famille, qui ont évolué et sont devenues les animaux que nous sommes aujourd’hui.
-« Oh Pistou, ta théorie est géniale ! Mais alors, ça veut dire que tous les renards et tous les écureuils sont cousins… Oh, c’est fabuleux ! » s’exclama Max.
-« Oui, sauf qu’eux, avec le temps, ils ont oublié leurs liens familiaux, et ont complètement coupé les ponts avec leurs origines. » renchérit l’écureuil.
-« Oh Pistou, dans mes pattes, Cousin ! Moi, je n’oublierai jamais que nous sommes de la même famille ! » s’écria le renard.
-« Moi non plus, Max ! Tu es de mon sang. C’est pour la vie ! » s’enflamma Pistou.
Et ils s’étreignirent, tous deux très émus, longuement.
Leurs destins s’étaient enfin croisés, comme ils le souhaitaient tant. Peut-être que leur théorie était fausse…
Mais, ce qui était important, c’était qu’ils avaient été confirmés dans leur rapprochement, et que plus rien désormais, ne pourrait les séparer.