Valérie Bonenfant
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Les voilà, ils sont arrivés !
A peine débarqués sur la planète Terrus, les extra-terrestres s’apprêtent à conquérir ce nouveau territoire. Mais, ils arrivent à Franfouillette… Et là, ce qu’on leur raconte les effraie au plus haut point !
Il était une fois une planète du nom de Terrus, qui s’était faite envahir par des êtres venus d’ailleurs. Celle-ci n’avait rien remarqué d’anormal, ni vaisseaux extra-terrestres traversant sa stratosphère, ni soucoupes volantes aplaties, ni encore de robots intergalactiques ou de petits hommes verts…
Et pourtant, Terrus venait d’être investie, colonisée par des êtres filiformes, transformables à souhait… et arrivés à pieds ! Ils avaient quitté leur planète domicile, la Quiète, pour arpenter le monde… Ils avaient fait un pas de géant vers la planète la plus proche, Amaryllis, puis, comme ça, d’équilibre en équilibre, un pied sur un astre, un pied sur un autre, ils avaient avancé jusqu’à rejoindre Terrus.
Certes, l’endroit était un peu petit, mais tellement beau avec sa jolie couleur bleue. Alors, simplement, ils allaient se réduire, là, un peu comme ce petit arbre, comme ça ils seraient à la bonne taille. Flouououout ! Voilà qui était fait ! Zirba, arrivé le premier, partit à la découverte de ce territoire. Il croisa la route d’un Terruien, Chriss, qui s’en allait faire ses commissions.
-« Chomulu, Kousunu Kulu Bruku Zoglu ! » commença Zirba.
-« Hein, quoi ? Je ne comprends rien à ce que vous me dites… Désolé, je ne parle pas de langue étrangère… » répondit Chriss.
-« Ali Bibi Johnny Chrissi Veni Vidi Vinci… » continua Zirba dans une autre langue.
-« Non, l’italien non plus, je ne le parle pas… Je sais, le pays est proche, mais que voulez-vous… Je n’ai jamais l’occasion de bouger de chez moi… » expliqua Chriss.
-« Volonti Paris ? » persévéra Zirba qui crut déceler un semblant de compréhension chez son interlocuteur.
-« Non, pas Paris… Paris, très loin d’ici ! Moi, de Franfouillette, un petit village sur la colline, là-bas ! » montra Chriss.
-« Franfouillette… » répéta Zirba, étonné.
-« C’est cela, un lieu trop peu connu, à l’histoire pourtant chargée. Tenez, si vous avez un moment, je vais vous raconter… »
Et Chriss raconta le passé de ce petit village qui avait connu autrefois de grands seigneurs, dont les plus célèbres étaient Herno le Vaillant, et Choluk le courageux. Tous deux avaient résisté à l’invasion des Salibanques, qu’ils avaient ratatinés. Puis, le roi lui-même avait séjourné dans ce haut lieu, où il avait livré une guerre contre les Houns. Un vrai massacre ! L’empereur ensuite avait conquis le col de Franfouillette, un endroit dévolu aux peuples des montagnes qui alors, s’étaient soumis à lui…
-« Oh, oh… Invasion, ratatinés… Guerre massacre… Peuples soumis… Hum hum… Franfouillette ! » répéta Zirba machinalement.
-« Oui, encore récemment. Vous ne devinerez jamais qui on a arrêté à Franfouillette ? Le plus célèbre des dangereux insaisissables des cambrioleurs : Lord Hérold, en personne ! Nulle part, on ne l’avait trouvé, toujours à se fondre dans la population. Hé bien, ici… Pan ! A peine arrivé, il était repéré ! Faut dire que l’on a l’œil, ici, une vision perspicace, monsieur ! » s’enthousiasma Chriss, décidément très fier d’être franfouillettois.
-« Hum-hum… Repéré… Arrêté… » continua l’extra-terrestre, le regard tournant autour de lui.
-« Et là, vous tombez bien : figurez-vous que le Président, notre Président, vient cet après-midi rendre une visite officielle à notre beau village… Ah, c’est un connaisseur, notre Président, ce sont sans doute les lieux magnifiques qui l’attirent… Et, il va en voir de beaux paysages, ici… Malgré son armée de gardes autour de lui… »
-« Hum-hum, visite officielle… Président, armée de gardes… Oh oh… »
Sur ces entrefaites, Zirba fit prestement demi-tour, puis s’envola dans les airs, histoire d’aller plus vite. Aussitôt, il alla retrouver ses compatriotes pour les prévenir.
-« Nous sommes découverts ! Les Terruiens sont extra forts, extralucides, extraordinaires… Leur technologie est très perfectionnée… En plus, ils sont armés contre l’ennemi, ils ont déjà massacré des colonies d’envahisseurs… Vite, fuyons, pendant qu’il est encore temps ! Le Président lui-même arrive ! »
Houps ! Le Président en personne se dérangeait ! Alors, ils n’avaient aucune chance… D’un bond, les envahisseurs quittèrent la planète bleue… Ouille ! Ils venaient de mettre le pied sur un astre brûlant ! Puis, ils repartirent sur un autre, aux anneaux qui tournaient à toute vitesse et les propulsèrent vers une autre planète, cette fois glacée…
Ouh la la… Ce système-là était trop sophistiqué pour eux… Vite, ils rebroussèrent chemin pour explorer et tenter d’envahir un endroit qu’ils espéraient moins redoutable que Franfouillette…