Valérie Bonenfant
Partager
Fini le bricolage ! Les outils d’un garage veulent faire autre chose… De la musique, par exemple !
Voilà donc un drôle d’orchestre, comme vous n’en avez jamais entendu, et pour le moins inspiré !
L’histoire se passe dans un garage où des outils s’étaient réunis pour parler un peu.
Il y avait Barth le marteau, Gling la pince et Samantha la scie. Barth s’adressa à ses amis :
-« Je suis fourbu ! Voilà des semaines que je suis mis à contribution : et je te construis un meuble, et j’accroche des tableaux, et je consolide un placard…Je tape sans arrêt et ça m’épuise. Sans parler des coups que je supporte, et qui ne me font pas du bien… »
-« C’est pareil pour moi » enchaîna Gling, « on bricole à tout va, et je suis obligée de serrer et serrer encore… J’en ai mal aux mâchoires, à force. J’aimerais bien pouvoir rester un peu tranquille… »
-« Si vous croyez que pour moi aussi c’est facile » se plaignit Samantha, « je scie des planches la journée durant. Non seulement, le bruit me fait mal aux oreilles, mais en plus, je mange plein de poussière, c’est dégoûtant… »
Barth écouta et finit par dire :
-« Si seulement le bricolage pouvait cesser, qu’il n’y ait plus rien à faire. Nous serions heureux… »
-« Pffft ! » lâcha un groupe de vis, vous seriez mis au placard. Pire ! Peut-être qu’on vous jetterait carrément à la poubelle ! »
-« C’est votre travail » renchérit une rondelle, « non mais, qu’est-ce que vous croyez ? Qu’on allait vous demander de jouer de la musique ? »
Un silence fit suite à ses propos. Puis, Gling dit :
-« Hé, mais ce n’est pas idiot ce que tu dis là. J’aimerais bien, moi, essayer de jouer des airs. J’ai toujours rêvé de faire des castagnettes ! »
-« Ouais, je t’accompagnerai ! » dit le marteau, « moi, mon truc, ça serait la batterie. J’adorerais faire des BONG, BONG, BONG, à grands coups ! »
-« Hé les amis, je suis des vôtres pour constituer un trio ! » continua Samantha, « une scie, ça sait faire de la musique, c’est bien connu ! »
Et, sur ces entrefaites, les trois amis commencèrent leurs répétitions. Ah, ça chantait des notes, ça, c’était indéniable, vu l’animation qui régnait dans le garage.
Bientôt, une mélodie originale germa, qui était plutôt sympathique à écouter. Les autres outils du garage durent en convenir : c’était pas mal du tout, ce que produisait le trio. Les vis furent alors tentées de rejoindre le groupe.
-« Nous pouvons nous entrechoquer, et ça fera comme des maracas… Chouette ! On va bien s’amuser ! »
Et le morceau de musique s’enrichit d’un son de maracas métalliques, très moderne et plutôt réussi.
Puis, d’autres outils se sentirent à leur tour une âme de musicien. Le jeu de clés se disposa en clavier, et la plus petite d’entre elles frappa ses consoeurs, façon xylophone.
Le tournevis se trouva un triangle, et en joua merveilleusement.
Les câbles électriques se métamorphosèrent en cordes de harpe géante, qui produisit des sons inédits, encore jamais entendus.
Bientôt, ce fut un véritable orchestre qui s’improvisa dans le garage. Chacun y allait de son instrument, et de son cœur.
Quand le garagiste revint dans son lieu de travail, il n’en crut pas ses oreilles. Mais qu’est-ce que c’était que ce tintamarre ? Ça tapait, sonnait, cliquetait, couinait… de tous les côtés. Ca alors !
C’était magique ou quoi ? Puis, il reconnut le bruit de son marteau. C’était vrai que sa frappe était sonore. Tiens, c’était drôle, il ne l’avait jamais remarqué auparavant, quand il l’avait utilisé.
Et sa pince ! Quelle vivacité à claquer ainsi de ses manches ! Plutôt pas mal, il fallait en convenir…
Quant à la scie, jamais il ne l’avait entendue aussi bien chanter ! Il n’imaginait pas qu’elle puisse produire un son aussi agréable.
Décidément, ses outils étaient doués, et de manière autre que pour le bricolage …
Et si lui aussi avait des dons autres que ceux de garagiste. S’il s’essayait lui aussi à orchestrer tout ça. Il saisit alors une lime et dit :
-« Bon, je suis des vôtres pour la répétition. Il vous manquait un chef d’orchestre, alors si vous êtes d’accord, c’est moi désormais qui vais assurer cette fonction. OK ? Alors, on y va ? »
Et dans le garage s’exécuta alors une mélodie étonnante, géniale et originale, où l’on pouvait entendre des notes se jouer, mais surtout, sentir le plaisir de chacun, et visionner une scène que, raisonnablement, un esprit rationnel ne peut concevoir comme possible. Et pourtant…