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LA FERME DU GROS POIRIER Lallement France, 60 ans Format imprimable  Format imprimable (pour imprimer le conte)

La ferme du gros poirier.

A la ferme du gros poirier, dans le coin d'une cabane à lapins, et au fond d'un nid tout doux que mère lapine a préparé, venaient de naître cinq lapereaux. Leur peau rose est encore transparente et imberbe, ce qui veut dire sans poil.
Mère lapine les allaite si bien ! Que très vite, les petits devinrent de beaux lapins près à être cuits. Les fermiers en avaient déjà mangé quatre.
Le dernier, qui n'avait pas trop bu de lait pour rester maigre, ne voulait absolument pas être mangé. Avec non nez qui lui sert à se faire comprendre de sa maman, il la suppliait.
- Maman ! Maman ! Dis-moi ce que je dois faire pour ne pas être mangé.
Et sa maman répondait
- Mon pauvre enfant, c'est le destin les lapins de finir dans la cocotte.
- Maman ! Maman ! Pleurait le jeune lapin, je t'en supplie, dis-moi ce que je dois faire pour ne pas finir dans la cocotte.
Et la maman répondait
- Mon pauvre enfant, tous les lapins finissent en civet.
-Maman, maman je t'en supplie, dis-moi ce qui je peux faire pour ne pas finir en civet.
La maman excédée finit par répondre.
- Parle, mon petit, et peut-être que les hommes n'oseront pas te manger.

Le jeune lapin avait si peur de la cocotte, qu'il se mit à écouter avec application la petite Camille, qui venait lui rendre visite tous les matins en disant.
- Bonjour Jacquot lapin, tu en as de la chance de ne pas aller à l'école.
Jacquot lapin tendait ses grandes oreilles et toute la journée il s'entrainait. Il fatiguait sa mère à répéter ses exercices de langage.
Un matin, il se sentit prêt. Quand la petite fille lui tendit un brin d'herbe en lui disant.
- Bonjour Jacquot lapin, tu en as de la chance de rester ici, à jouer dans ta cabane.
Jacquot lapin put lui répondre.
- Bonjour Camille, tu en as de la chance de ne pas finir en civet.
L'enfant se retourna, pensant que son papa qui l'attendait pour l'emmener en classe, lui faisait une farce. Mais il était là-bas près de la voiture.
Jacquot lapin qui avait très peur de cuire le jour même, s'empressa de continuer la conversation.
- C'est bien moi qui parle, dit-il à son amie.
- Ce n'est pas vrai, les lapins ne parlent pas, dit la fillette, tandis-que son papa, impatient, l'appelait.
- Camille, viens ! tu vas être en retard.
- Oui papa, je dis au revoir à mon lapin, dit l'enfant.
Et soudain ! Jacquot lapin entendit nettement la fermière rire et déclarer.
- Si elle savait que c'est la dernière fois;
Terrorisé ! jacquot lapin comprit que la cocotte l'attendait. Elle était peut être sur le feu. Déjà, il tremblait et compris que devant la fermière et son grand couteau il serait incapable de prononcer un seul mot. il devait absolument retenir la fillette.
- Ne m'abandonne pas Camille, ouvre-moi la porte;
Le papa qui s'approchait. Ne voyant personne alentour il se demandait bien qui parlait. Il voyait bien que la voix venait de la cabane, cependant, il lui était impossible de croire ce qu'il voyait : un lapin qui parle.

- Mais ce n'est pas possible, disait le fermier, je devient fou.
Il appela sa femme, les voisins, et tous constatèrent le même phénomène. Certains voulurent changer le lapin de cage, le palper et même le brosser pour s'assurer qu'il n'y avait pas une astuce. Mais non ! Il fallait reconnaitre que Jacquot parlait, parlait sans cesse tellement l'idée de la cuisson le hantait.
Bientôt, tout le village fut au courant de l'évènement. Un matin, un journaliste arriva à la ferme, puis un photographe, puis la télévision. Jacquot lapin avait réussit, il ne finirait pas en civet, mais il avait bien d'autres soucis.

Maintenant, du matin au soir les visiteurs défilaient devant sa cage. Le pauvre lapin ne pouvait plus se reposer. Tous les jours il devait parler, parler au point que sa petite langue gonflée le faisait souffrir. Les flashs des photographes lui brulaient les yeux, les enfants secouaient se cage. C'était infernal.

Un soir d'été, les visites avaient été si nombreuses que Jacquot lapin n'en pouvait plus. Un mal de tête terrible s'ajoutait à la douleur de ses yeux et de la langue.
Epuisé, il demanda à sa maman qui logeait dans la cage d'à côté.

- Maman, je n'en peut plus, dis-moi ce qui je dois faire pour vivre tranquillement;
- Mon pauvre petit, répondit sa mère, ne parle plus.

Alors Jacquot lapin ne parla plus, il pouvait enfin se reposer.
Mais voilà qu'un matin, alors qu'il faisait sa sieste, un reflet d'acier le réveilla en sursaut. C'était le grand couteau de la fermière qu'un rayon de soleil faisait scintiller. Jacquot lapin comprit, le coeur battant, il ferma les yeux et attendit. La cage s'ouvrit, un gros boum fit trembler la cabane. Le pauvre lapin n'osait toujours pas ouvrir les yeux, quand il entendit.

- Tiens ! Jacquot lapin, je te donne un gros chou pour te récompenser. N'ai pas peur, lui disait la fermière, tu ne seras pas mangé. Tu nous as apporté la fortune, et maintenant la paix. Tu es un sage Jacquot lapin ! Je comprend que tu ne veuille plus parler et vivre tranquillement.








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Colline

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Isabelle de contes.biz